Bzzz

Zigzaguant dans l'air brûlant de cette après-midi d'été, virevoltant à travers les hautes herbes, j'étais bien. Je prenais de l'altitude, redescendais pour à nouveau tenter de toucher le papier peint azur qui habillait le ciel. Le ciel, cette infinité que l'on croit toucher, mais qui en réalité est intouchable, car trop majestueux... Même les oiseaux n'éatient jamais parvenu à le saisir. Alors moi...

Faisant une pause afin de me restaurer, j'entendis de grands cris. Je m'approchais afin de saisir le sens de ces hurlements.

Une femme, grande, sèche, les joues tombantes et les yeux soullignés de cernes était à l'origine de tout ce vacarme. Elle semblait s'acharner sur un autre individu, plus petit et moins imposant.

Je m'approchais encore, ne comprenant pas que toutes ces petites personnes (surement des nains), laissent l'un des leurs dans une si mauvaise posture. Un écrivain célèbre a dit un jour que "la raiscon du plus fort est toujours la meilleure", et bien je ne suis pas d'accord... Ce n'est pas parce qu'on est petit et maigrichon que l'on doit se laisser marcher sur les pattes... Sur ce, je décidais, moi, d'aller aider ce nain. Je m'avançais, résigné, les yeux rivés sur mon adversaire, adversaire de taille...


BOUM



- "Mais qu'est-ce que...?" Je ne parvenais pas à m'approcher! Je comprenais désormais pourquoi les nains ne s'étaient pas révoltés contre cette monstrueuse géante... Elle disposait d'un bouclier invisible! Je rééssayait toute de même... Encore et encore...


- "Tu l'as vu c'te mouche qui tente désespérément de rentrer dans la classe?
- Oui, ça fait 5 minutes qu'elle se prend la vitre...
- C'est vraiment con une mouche...

- MONSIEUR PETIT ! Puisque vous tenez tant à parler, venez donc expliquer à vos camarades la méthode de résolution d'un polynôme du second degré...

***

# Posté le vendredi 16 mai 2008 11:41

Un suçon?

– Mais pourquoi ne m'en a-t-elle pas parlé ?
– Tu es sa mère ! Elle ne va tout de même pas te raconter sa vie jusqu'à ses 25 ans, si ?
– Mais elle m'a toujours tout dit...
– Jusqu'à maintenant...
– Non, elle me le dirait si elle avait un p'tit ami...
– C'est ce qu'elles disent toutes ! Ma mère était persuadée de tout savoir sur moi ! Le jour où elle a appris que j'avais perdu ma virginité, elle en a pris un coup !
– Mais là c'est différent !
– Les histoires sont toutes différentes, mais les fins toutes semblables ! Le garçon réussit toujours a voler l'innocence de la jeune fille... Elles sont si naïves...
– Elle m'en aurait parlé ! Elle m'a toujours tout dit ! Pourquoi cette relation de confiance toucherait-elle brusquement à sa fin ?
– Va savoir ! Il est peut-être bien plus vieux... Ou peut-être qu'elle pense que tu ne l'aimerais pas... Le regard des autres à une grande importance sur les confidences !
– Oh arrêtes un peu avec tes grandes phrases...
– Excuses moi de vouloir t'aider !
– Qu'est-ce que j'ai bien pu faire de travers ? Pourquoi ne m'a-t-elle pas dit qu'elle a un petit copain ! Elle m'avait toujours tenu au courant de sa vie sentimentale jusqu'à présent...
– Mais qu'est-ce qui te fait dire qu'elle a un copain ?
– Son suçon !
– Un suçon ? Elle a un suçon ? Oïe...
– Oïe ?
– C'est mauvais signe... Très mauvais signe... Un suçon c'est une marque de territoire... Cela signifie que ta fille compte beaucoup pour le jeune homme qui l'a... enfin qui lui a fait ce suçon...
– Oh, la galère !
– Il fallait bien que cela arrive !
– Non ! Elle est si jeune ! Si je croise le salaud qui l'a...


– Salut maman ! Salut tata Nath ! Dis m'man, t'aurais pas vu ma crème contre la peau super sèche ?
– Euh non, désolé...
– Ah... Tant pis, si tu la vois, dis le moi, parce que j'ai une grosse plaque d'eczéma dans le coup...

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# Posté le lundi 12 mai 2008 13:05

Choix cornélien

Réduit à l'état de légume... Et cela pour la fin de ses jours... Un chauffard saoul m'a-t-on dit... Il l'a renversé, ne s'est pas arrêté, s'en est allé ; comme si de rien n'était... Pourrait-il le supporter ? Le pourrais-je ? Mon dieu mais que dois-je faire ? Le laisser s'en aller ? Est-ce à moi de décider de sa vie ? De sa mort ? Il n'a personne d'autre. C'est à moi qu'incombe ce choix auquel je ne parviens à trouver solution... Me délivrer de lui, ce serait perdre une partie de moi...Il ne méritait pas cela... Je ne le mérite pas non plus...

On me demande une réponse aujourd'hui. Sorti de la bouche de ces monstres en blouses blanches, le choix parait presque simple : débranche ? débranche pas ? Réduit au stade de l'objet, éventré et perfusé... Mais pour qui ils se prennent ! Florian n'est pas une voiture bonne pour la casse, ni un aspirateur, même si on le nourrit avec un vulgaire tuyau... Il va devoir vivre ainsi ou mourir ... mais il ne mérite pas de vivre dans un tel état et je ne peux pourtant me résigner à le faire partir, dans ce monde hostile, que je ne connais pas et dont on ne revient pas...

De rudes combats font rage dans mon esprit ! Ma conscience se querelle vivement avec mon c½ur... Mes souvenirs aux cotés de l'être tant aimé, tentent une ultime remontée à la surface pour me faire chavirer, mais je ne veux pas, je ne peux pas choisir ! Choisir sa mort engendrerait en moi culpabilité et mauvaise conscience ; sa vie marquerait la fin de la mienne... Le savoir présent, l'avoir près de moi, pouvoir l'aimer... Mais lui m'aimerait-il d'avoir choisi pour lui, vie de souffrance, d'immobilité et de silence ? Faut-il courir à ma perte mais lui prouver chaque jour mon amour, sachant qu'il ne s'en rendra peut-être pas compte ou me permettre une vie, ma foi bien fade sans lui, mais une vie tout de même... En lui prouvant de cette façon mon amour, lui évitant, aussi bien à lui qu'à moi une telle vie, nous souffrirons tout deux un bon coup mais le calme, parfois trop calme, trop vide, trop plat, s'ensuivra...

Pour toi mon amour, j'en ai décidé ainsi... Ou peut-être pour moi... Comment savoir ? Générosité ou égoïsme ? Je ne sais pas... Je ne sais plus... Comment ne pas me sentir coupable ? Comment ne pas souhaiter
qu'un miracle, un jour, telle une douce brise d'espoir, n'entrera pas par la fenêtre,
pour caresser ta joue et te rendre parole et mobilité ? Comment ne pas imaginer un prodige dans un tel moment d'incertitude ? Nous nous étions promis d'être heureux ensemble... Mais pourras tu être heureux cloué à un lit, jour et nuit, seul et inerte ? Je dois décider de ta vie, mais c'est la mort que je tiens entre mes mains...

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# Posté le dimanche 11 mai 2008 13:33

Modifié le lundi 12 mai 2008 12:35

Instant volé

Seuls dans les hautes herbes, perdus, loin de tout, et hors du temps, nous étions là. Ensemble. Les minutes s'égrainaient au rythme de nos souffles mêlés. Le temps ne comptait plus. Nous étions ensemble, voilà ce qui nous était primordial à cet instant. A ces instants. Ses doigts allant sur ma peau, son souffle dans mon coup, ses lèvres sur les miennes... Tout cela était parfaitement orchestré. Rien ne paraissait dû au hasard, et pourtant, tout n'était qu'improvisation. Ses lèvres ne demandaient qu'à rencontrer les miennes, une fois de plus. Les miennes, en feu, fuyaient ces baisers, se régalant de la moue suppliante de celui qui les désirait. Nos c½urs battaient au même rythme effréné. Le mien tout contre le sien, et le sien, si près du mien.

Aucun souci ne nous rappelait à la réalité, si ce n'est l'heure qui tournait. Le tic-tac incessant des secondes qui se succèdent inexorablement, était pour nous l'avertissement de la fin d'un instant hors du temps. La fin d'un instant qui n'a pas de prix, la fin d'un instant volé et que personne ne peut imaginer.

Son corps au dessus du mien me paraissait aussi léger que l'air. Ses mains allant et venant sur ma peau frêle, n'étaient que les caresses d'une douce brise de printemps. Les bruits de la nature alentour n'était dû qu'au faible brin d'air qui faisait trembler nos cheveux, et qui envoyait des mèches dans nos yeux qui ne se lâchaient pas.

Enfin, il réussit à toucher mes lèvres. Petite victoire pour les rares observateurs qu'étaient les fourmis et autres petites bêtes de la nature avoisinante, mais victoire incommensurable pour ce jeune homme qui atteignait enfin son but. A ce jeu-là, aucun perdant. Moi-même j'étais heureuse d'avoir perdue. A vrai dire, je souhaitais perdre, afin de gagner un baiser. Son baiser. Je l'étreignais, il parcourait mon dos de ces mains. Nous avions gagné.

Cet instant loin d'être terminé, nous en avons profité jusqu'à la toute dernière minute, la toute dernière seconde. Nous provoquions le Temps, espérant ainsi obtenir un sursis. Nous allions jusqu'aux limites des limites du temps. Moi, devant regagner ma demeure, où mes parents, toujours soucieux lorsque je sortais, m'attendaient, et lui, qui devait regagner ses pénates à bicyclette.

Merveilleux instant qui en laissait présager tant d'autres. Instant volé puisque dissimulé. Instant secret partagé que personne jamais ne découvrirait.


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# Posté le dimanche 11 mai 2008 13:26

Modifié le lundi 12 mai 2008 12:24

Jusqu'au fond du gouffre

Son regard, d'habitude hagard, était perdu dans le vague, flottant dans le lointain. Lointain inconnu de ses proches, et dont personne n'avait jusqu'alors réussit à l'en faire sortir. Son corps s'était inscrit dans un état de profonde léthargie dont elle ne paraissait pas vouloir sortir.

Personne ne comprenait ce qu'il pouvait arrivé à cette jeune fille au tempérament jusqu'alors festif. Au début, on se disait que ce devait être un chagrin d'amour, ou alors, un petit « coup de blues » passager. Mais non. Ce n'était pas passager. Plus le temps passait plus son état se dégradait. Elle s'enfonçait de plus en plus dans ce monde noir, qu'elle seule habitait.

Chaque nuit, ces parents, impuissants, percevait au travers du mur de sa chambre des sanglots étouffés. Sanglots qu'ils ne savaient arrêter. Sanglots qu'ils savaient pires, s'ils tentaient d'aller la consoler. Ils la laissaient donc pleurer ainsi jusqu'à ce que le sommeil l'emporte dans les ténèbres. Ils se sentaient impuissants, et n'étaient que figurants dans le drame que vivait leur fille. Drame sans fin, que rien ne semblait pouvoir atténuer.

Elle n'avait plus faim, ne parlait presque plus, ne se confiait même plus à sa mère avec qui elle était pourtant très proche. Elle s'enfonçait inexorablement dans ces ténèbres par lesquels elle semblait attirée.

Elle-même n'avait aucune idée du mal qui la rongeait. Ses yeux pleuraient sans qu'elle leurs imposent. Les larmes ruisselaient et elle ne parvenait pas à les arrêter. Le poids du monde semblait s'abattre sur ces épaules. Elle se rendait pourtant compte de la chance qu'elle avait. Elle était issue d'une famille modeste, certes, mais avait de quoi se nourrir, se vêtir et elle avait un toit au-dessus de la tête. Elle avait des amis. Elle n'avait donc aucune raison d'être malheureuse. Et cela elle s'en rendait compte, c'est ce qui la terrifiée. Être triste malgré soi, n'est-ce pas effrayant ? Elle tenta de se reprendre plusieurs fois, pris des vitamines afin de reprendre du « poil de la bête » comme disait son père et travaillait dur pour ne pas se laisser abattre comme le voulait sa mère. Mais malgré ces efforts, elle n'arrivait pas à sortir du gouffre dans lequel elle s'était enfoncée. C'était comme lorsque l'on est en train de s'endormir, sur le point de partir au pays des rêves, juste à la limite qui mène au sommeil ; même avec une volonté de fer, elle n'avait jamais réussit à résister au sommeil à partir du moment où elle atteignait cette limite. Là c'était pareil. Une force supérieure l'attirait vers le fond. Elle avait, à la ceinture, de nombreux poids, dont elle ne pouvait se séparer et qui l'empêchaient de remonter. Elle était prisonnière de sa situation.
Tout semblait écrit d'avance. On lui avait prédit une vie heureuse, avec des enfants et un beau mari, et voilà ce qui en résultait. Une vie hantait par des monstres inconnus, plongée dans de noirs ténèbres... Comme quoi il ne faut pas se basait sur les acquis, tout peut basculer. Il ne suffit pas d'être beau pour devenir top-model, il ne suffit pas d'être intelligent pour faire math sup...

Rien n'est écrit, tout est à faire, alors sachons tirer profit de chaque expérience même si elles sont terribles... Profitons de l'instant présent car on ne sait pas de quoi demain est fait. Ne pensons pas au futur puisqu'il est si pessimiste... Contentons-nous du présent, où tout est possible et faisons confiance aux gens qui nous entourent...

Au grand bonheur de ses parents, la jeune fille réussit à sortir du gouffre. Elle retrouva son joli sourire, trouva même son prince charmant. Pour les enfants, il faudra attendre encore un peu, elle a toute la vie devant elle. Pour l'instant elle se contente du présent, et sait apprécier tout les bons moments que la vie lui offre.

Même si tout est noir, il faut savoir trouvé la lumière qui nous permet de nous en sortir. Tout le monde peut être heureux, et tout le monde devrait être heureux ! La vie est trop courte pour être vécue a moitié...
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# Posté le dimanche 11 mai 2008 13:24

Modifié le lundi 12 mai 2008 12:31